Mardi 4, pour Midori no hi (le jour de la Nature
), nous sommes allés faire de l'histoire (cherchez l'erreur) , au Musée Edo-Tokyo, à deux pas du Ryōgoku Kokugi-kan, le stade de sumo du quartier de Ryōgoku. Du fait de la proximité du stade et de la concentration en heya (les écuries de Sumo), il n'est pas rare de croiser un rikishi (ou sumōtori
) coiffé d'un chonmage (le « chignon » ) portant yukata (un kimono de cotton léger) et geta (les soques traditionnelles).(Retenez bien ce sera au contrôle de demain!
). Malheureusement, ce ne fut pas le cas pour nous, mais la journée fut chargée en connaissance puisque la visite de ce musée à l'architecture assez moche a pris plus de 3h!
Et comme rien ne vaut un dessin animé pour illustrer...






~Mais dis-moi Jamie, il parle de quoi ce musée?~
Comme son nom l'indique, le musée Edo-Tokyo est consacré à l'histoire de la capitale actuelle du Japon: au départ simple village de pêcheurs, Edo prospère peu à peu au XVe siècle jusqu'à surpasser en taille et en réputation la capitale Kyoto, avant que le siège du gouvernement militaire (on dit « bakufu ») des shogun Tokugawa (encore eux!) n'y soit transféré en 1661. C'est le début de l'époque Edo, pendant laquelle le Japon se ferme sur lui-même (on dit « sakoku ») jusqu'à la restauration du pouvoir impérial par l'empereur Mutsuhito (ou Meiji) en 1868 après moults révolutions contre le shogunat. Ce dernier prend le pouvoir alors qu'il n'a que 16 ans! Et pour faire du neuf, la ville fut rebaptisée Tokyo, soit « capitale de l'est ». Et comme rien ne vaut un dessin animé pour illustrer...
...Voilà la coupe trop sex' des samouraï et des sumōtori 
La particularité de ce musée, c'est la présentation de la vie quotidienne des habitants de Edo/Tokyo grâce à des maquettes et des reconstitutions de bâtiments à l'échelle réelle: le théâtre de Kabuki ou la reconstitution du Nihonbashi sont particulièrement impressionnants. On y trouve aussi plusieurs maquettes consacrées à la vie quotidienne des chōnin (« le petit peuple »), à la distribution et l'utilisation des estampes (ukiyo-e) et aux divertissements des sakariba, les quartiers d'attraction d'Asakusa, Ryōgoku, Ueno et Edobashi. Organisés autour de lieux religieux (comme le temple Sensô-ji à Asakusa), ces quartiers proposaient toutes sortes d'échoppes, de divertissement de rue, de maison de thé, de halls d'exposition et bien sûr de lieux de luxure! C'est là que sont nés les ancêtres des Love Hotels, les deai chaya (« Maisons de thé pour rendez-vous »).Ce soir au théâtre, on joue "Sukeroku". Après, on pourra aller voir un éléphant dans un des halls d'exposition à Ryōgoku ou faire un tour dans une barge sur la Sumida.
La deuxième partie du musée est consacrée à la modernisation de Tokyo au début du XXe siècle (on commence à construire de manière « durable ») et aux désastres du tremblement de terre de 1923 et des bombardements de 1945. A voir absolument à ce propos: le film d'animation Le Tombeau des Lucioles. (Pour une fois que Tom Pouce Cruise n'est pas dedans...), prévoir une boîte de Kleenex et une épaule pour la dépression post-visionnage.


Jusqu'au début du XXe siècle, on porte encore yukata ou kimono, les habits à l'occidentale font leur apparition dans les quartiers "modernes" comme Ginza vers 1910
Une chose que j'ai remarqué à propos de nombreux musées de Tokyo, c'est la partie « hands-on » proposée au public malvoyant, c'est une chose que je n'avais jamais vu auparavant. Des oeuvres, des images ou des maquettes y sont reproduites en relief avec la possibilité de « toucher pour voir ». De manière plus générale, autant la capitale est un cauchemar pour les personnes en fauteuil roulant (les escaliers sont partout!), autant le quadrillage systématique des rues, couloirs et quais en revêtement tactiles et la grande quantité d'indications en braille permettent à des personnes malvoyantes de gagner en autonomie pour s'y déplacer.
Enfin, Mercredi 5, pour Kodomo no hi (le jour des enfants), j'ai traîné une Ko-san crevée jusqu'au cimetière de Yanaka, à Nishi-Nippori, au Nord-Ouest d'Ueno. Situé dans un quartier aux allures de Shitamachi (la « ville basse », populaire d'Edo), ce cimetière abrite notamment la tombe du dernier shogun (encore un Tokugawa!) Tokugawa Yoshinobu. Le pauvre ne restera au pouvoir que pendant 2 ans avant de faire face à l'opposition des clans de samourai Satsuma, Chōshū et Tosa, favorables à l'empereur, puis la guerre de Boshin le pousse à abdiquer. Et devinez quel film s'inspire des rébellions provoquées par l'arrivée au pouvoir de l'empereur Meiji? Oui, bravo, le Dernier Samourai! (avec Tom
Au cimetière Yanaka, il n'y avait pas un chat... enfin, façon de parler...
Mais Kodomo no hi, c'est surtout le jour où les garçons sont à l'honneur (Qui se rappelle de Hina Matsuri, la fête des filles du 3 Mars?). A cette occasion, les garçons prennent des bains parfumés à l'iris (oui, oui!), et dans les familles on expose des poupées de Kintarō (un héros légendaire particulièrement fort) et des kabuto (les casques de samourai). Dehors on laisse flotter des koi-nobori, des manchons à air en forme de carpe koï. Tout ça pour symboliser la purification, la croissance, la force, le courage, et la persévérance que l'on souhaite aux garçons (ça fait beaucoup!)
La chaleur écrasante nous a ensuite poussé à nous réfugier dans une salle d'exposition de l'Université des Arts de Tokyo où étaient exposés des dizaines de statues de bronzes de chats de l'artiste Asakura Fumio.Et comme Ko-san ne tenait plus sur ses jambes à partir de 15h, on a été se reposer et manger des glaces dans le Parc d'Ueno, où nous avons croisé un chien sur un skateboard...
La chaleur écrasante nous a ensuite poussé à nous réfugier dans une salle d'exposition de l'Université des Arts de Tokyo où étaient exposés des dizaines de statues de bronzes de chats de l'artiste Asakura Fumio.Et comme Ko-san ne tenait plus sur ses jambes à partir de 15h, on a été se reposer et manger des glaces dans le Parc d'Ueno, où nous avons croisé un chien sur un skateboard...
Après cette Golden Week bien remplie, on est rentré se reposer à Kasama, faut pas exagérer non plus!
Merci pour ce tour culturel-comme-si-vous-y-etiez ! Je suis assez fan du chien sur son skate board :)
RépondreSupprimerC'est absolument magnifique! En tout cas c'est cool de voir le Japon avec Al en guide! :)
RépondreSupprimer(en rentrant je t'invite pour cuisine une tartiflette? histoire de changer de rythme culinaire!)